17 septembre 2008
L'huile de palme
L'huile tueuse : Comment nos chips font disparaître forêts et orangs-outans
Doan Bui
Nouvel Obs (France)
Le 28-08-2008 (Publié sur http://www.infosdelaplanete.org le 16-09-2008)
Elle envahit l'agroalimentaire et les cosmétiques. L'huile de palme est le nouvel or vert. En Indonésie, ses plantations ne cessent de s'étendre, détruisant au passage la jungle et sa faune. Enquête sur un désastre écologique
Selon une légende de Bornéo, les orangs-outans étaient des humains qui avaient été transformés en animaux, puis chassés dans la jungle. Orang hutan - le mot vient du malais - veut dire d'ailleurs homme (orang) de la forêt (hutan). Aujourd'hui, ces hommes de la forêt sont chassés par d'autres hommes. A Bornéo, leur foyer, la jungle, mystérieuse et luxuriante, parfumée comme une fleur et sombre comme un tombeau selon l'écrivain Joseph Conrad, est tailladée, déchiquetée, engloutie sous le feu ou par les bulldozers. A la place se dressent désormais des plantations sur des centaines de milliers d'hectares. Des palmiers à huile alignés au garde-à-vous, comme un immense échiquier vert. Voraces, ils ont avalé tous les arbres. Les orangs-outans sont condamnés à une mort certaine. Les poches de forêts épargnées qui leur servent de refuge sont trop petites pour assurer leur subsistance. Alors qu'à Sumatra ils ne sont déjà plus qu'une colonie de survivants, 5 000 individus au mieux, à Bornéo, il en resterait encore 55 000. Mais au rythme où va la déforestation - avec 2% de sa forêt perdus chaque année, soit près de 2 millions d'hectares, l'Indonésie a gagné sa place dans le Guinness Book -, l'espèce est menacée d'extinction d'ici à 2020, selon Greenpeace. Le même péril guette le tigre et le rhinocéros de Sumatra, les gibbons et un nombre incalculable d'espèces animales.
Mais que pèsent la biodiversité et quelques singes face à cet or vert ? L'huile de palme est partout. Depuis dix ans, elle envahit l'agroalimentaire, ingrédient phare des chips, biscuits, pâtes à tarte, plats cuisinés : en gros, tous les produits susceptibles de contenir des graisses. Elle est également omniprésente dans les cosmétiques, les shampooings, les détergents... Entre 2000 et 2006, le montant des exportations de cet oléagineux a ainsi doublé. Et devrait encore exploser. Depuis deux ans, la folie des biocarburants a embrasé la planète. Faisant flamber l'huile de soja, de maïs. Et surtout l'huile de palme, l'une des plus compétitives : par rapport au soja, au tournesol ou au colza, le palmier à huile, dont les fruits peuvent être récoltés plusieurs fois par an, est de loin la plante la plus productive. Résultat ? Son prix a doublé en un an, passant à 800 euros la tonne. C'est comme la bulle internet. Il y a une floraison insensée de projets biodiesel. La directive européenne d'atteindre une consommation de 10% de biocarburants dans le transport est absurde : il faudrait dans ce cas raser la France et n'y planter que du tournesol. Avant, nos prix étaient déterminés d'après les saisons, les récoltes. Maintenant, ils sont indexés sur ceux du baril de brut, dit Olivier Meurzec, PDG de KLK, l'un des leaders du secteur en Malaisie.
En ce moment, pour KLK, les affaires sont florissantes : We laugh when we go to the bank (Nous rigolons quand nous allons à la banque), comme on dit. Le cours de l'action a été multiplié par trois. Mais dans l'histoire, c'est le consommateur qui est perdant. Pour les Indonésiens, mais aussi tous les habitants des pays d'Asie, l'huile de palme, utilisée pour la cuisine, est primordiale, vu que toute la nourriture est frite. Autre conséquence indirecte : l'appétit des investisseurs pour défricher de nouvelles plantations, encore et toujours, se fait au détriment des cultures vivrières, riz, maïs... Et aux dépens évidemment de la jungle. C'est un drame pour beaucoup de villageois, qui tiraient leur subsistance de la forêt en chassant, en cueillant les fruits. Pour les Dayaks, ces bois sont sacrés, intimement liés à leur culture et à leur religion. Vous les coupez, vous tuez leur identité, dit ainsi John Bamba, de l'Institut de Dayakologie, qui défend la culture des Dayaks. En dix ans, la surface des plantations a doublé, atteignant 10 millions d'hectares si l'on compte celles de la Malaisie, l'autre grand producteur. Et on prévoit des plans d'expansion de 20 millions d'hectares pour la prochaine décennie ! Avec en ligne de mire, outre Bornéo, d'autres îles de l'Indonésie, comme la Papouasie occidentale. Chanee, un jeune Français, essaie de sauver les gibbons et d'autres animaux menacés par le saccage de leurs habitats : Une campagne gouvernementale a été menée contre l'abattage illégal d'arbres. Les compagnies forestières ont dévasté les forêts, mais au moins elles ne coupaient que les beaux arbres. Aujourd'hui, ce qui se passe est mille fois pire. Tout est rasé. L'équilibre de la biodiversité est complètement chamboulé. Plein de prédateurs sont morts, entraînant une prolifération de rats : les plantations importent des cobras d'Afrique du Sud pour les éliminer... Les habitants, eux, paient déjà les conséquences du changement brutal de leur écosystème. Avant, les pluies étaient absorbées par les forêts. Avec les palmiers, le sol s'est érodé et l'eau n'est plus absorbée, explique Amir Ynanto, du village de Mega Timur. On a maintenant des inondations trois fois par an. Sans compter les fumées qui empoisonnent l'air des mois durant, provoquées par les feux de forêt. En 2006, la saison sèche a été longue, aggravant les incendies. On n'a pas vu le soleil pendant cinq mois. De toute façon, ici, dès août, on doit porter des masques, dit Nordin, de l'ONG Walhi-Friends of the Earth.
En quelques années, l'Indonésie est devenue le troisième pays émetteur de gaz à effet de serre, derrière les Etats-Unis et la Chine, avec 4% des émissions mondiales, pour 0,1% de la surface de la planète. Le bilan est d'autant plus lourd que bon nombre de plantations se sont installées sur des zones de tourbières, qui contiennent trente fois plus de carbone qu'une forêt humide normale. Selon une étude du magazine Science, il faudrait... 840 ans aux biocarburants tirés des plantations sur tourbières pour effacer leur dette en carbone !
Dans sa somptueuse villa aux innombrables pièces, fauteuils en bois précieux et tentures dorées, Ilham Assuni peste contre les ONG et leur désinformation. Elles sont payées par le lobby concurrent de l'industrie de l'huile du soja ! C'est un danger pour notre compétitivité. Regardez le Vietnam, le Cambodge : eux aussi se mettent à l'huile de palme, et personne ne leur dit rien. Comme beaucoup de businessmen, il s'est lancé dans le lucratif secteur de l'huile de palme il y a cinq ans. Discret sur ses profits, il explique qu'il a également des subventions du gouvernement. Il n'est pas le seul à bénéficier de ces largesses. Très important fournisseur d'Unilever, Wilmar, l'un des principaux acteurs du secteur, propriété de Robert Kuok, l'homme le plus riche d'Asie et la 104e fortune mondiale selon le magazine américain Forbes, est mis en cause par plusieurs ONG pour sa politique de déforestation. Cela ne l'empêche pas d'être lui aussi chouchouté par les autorités locales et la Banque mondiale... En Malaisie et en Indonésie, les gouvernements sont de fervents partisans de ce nouveau business qui ramène tant de devises : pour contrer les ONG, une campagne de lobbying en faveur de l'huile de palme a même été lancée. Son slogan : L'huile de palme va apporter la prospérité, créer des emplois.
Pourtant, ce n'est pas exactement ce qu'ont vécu les villageois du district de Sanggau, dans l'ouest de l'île, l'un des premiers endroits où se sont installées les plantations. Icin, maître d'école, s'en rappelle comme d'hier. C'était en 1980, à l'époque du dictateur Suharto. Les militaires sont venus et ils nous ont obligés à céder nos terres; deux dollars l'hectare. Ils ont tiré sur mon oncle pour l'intimider. Il est parti. Moi aussi. Aujourd'hui, nous avons tout perdu. Nos plantations de riz, de caoutchouc. Aujourd'hui, notre ancien village est encerclé par les plantations qui grignotent les jardins potagers. La rivière où l'on pêchait est polluée par leurs pesticides. Icin habite en ville, maintenant. Il a subi de plein fouet la crise alimentaire. Je n'ai plus de rizières, alors je suis obligé d'acheter du riz. Du riz importé de Java, car on n'en produit plus assez ici. Et comme les prix ont doublé, c'est dur. A Sanggau, le palmier à huile a tout dévoré. C'est l'un des seuls endroits dans l'île où l'on peut voir ce paysage fantomatique : des hectares d'arbres blanchâtres semblant sortis des Enfers, spectres poussiéreux ployant sous leurs palmes fanées et grises. Ces arbres sont morts. Au bout de vingt- cinq ans, les palmiers à huile deviennent improductifs. On les pique alors au Roundup, le célèbre herbicide de Monsanto, en attendant qu'ils meurent. Puis on les brûle. Il faut alors tout replanter. Personne ne nous l'avait dit. La compagnie m'a tout pris et ne m'a laissé que deux hectares de palmiers qui sont maintenant trop vieux pour produire des fruits, dit Cion, fermier. Où trouver l'argent pour tout replanter ?
Cion a monté un syndicat pour fédérer les paysans en colère. Aujourd'hui, on n'est plus à l'époque de Suharto et des baïonnettes. Mais les entreprises ont trouvé d'autres moyens d'accaparer les terres. En faisant miroiter des profits futurs, des emplois... En 2000, Matius a ainsi accepté de céder son terrain pour 50 dollars. Je croyais que c'était juste un prêt, ils m'avaient dit qu'on partagerait les profits, qu'ils s'occupaient de reconvertir mes terrains, que je pourrais envoyer les enfants étudier en Amérique. Je n'avais rien à faire. Juste attendre, signer le papier, et en plus ils me donnaient un job régulier dans la boîte. Le job en question, gardien de sécurité, était payé deux euros la journée, le salaire moyen d'un travailleur dans une plantation. Matius se trouvait déjà chanceux d'avoir dégoté un poste dans l'entreprise. Ici, les sociétés préfèrent employer des ouvriers qu'elles ont fait venir de Java ou d'autres îles. Les migrants vivent sur la plantation, dans des baraquements ouverts, avec des toiles en plastique en guise de toit. Coupés du monde. Pas de risque de se syndiquer comme l'a fait Matius. Mal lui en a pris. Il a été viré. Il continue de se battre pour récupérer ses terres.
L'ONG Sawit Watch dénombre 513 conflits opposant les communautés locales et les entreprises d'huile de palme. Mais dans le bras de fer entre petits paysans et planteurs, la bataille est perdue d'avance. Les autorités locales ? Elles soutiennent évidemment les compagnies aux poches suffisamment garnies pour faire pleuvoir les pots- de-vin. Tout est bon pour vaincre les réfractaires. Une manifestation de fermiers, le mois dernier, a été réprimée par la force, faisant une victime. Les ONG, elles, parlent d'intimidations menées par des gangsters, les gros bras employés par les entreprises. J'ai reçu des coups de fil anonymes, on me disait de prendre garde, que mon fils était tout petit, témoigne Nordin, de Walhi. Victorius Deddis a appris à ses dépens qu'il ne valait mieux pas se mettre en travers du chemin des planteurs. Ses traits encore empreints d'une grâce juvénile disent son âge, 28 ans, mais sa voix, sombre, rauque, qui laisse tomber les mots avec une rage contenue, est celle d'un homme qui en a trop vu. Victorius venait juste d'avoir un bébé quand il a été emprisonné pendant cinq mois. Vingt policiers sont allés le cueillir chez lui. Le motif : récolte illégale. Je n'ai pris que les fruits de mes terres ! Ce sont eux qui nous ont tous volés. Ils ont brûlé pendant la nuit nos plantations de caoutchouc et écrasé aux bulldozers nos rizières et nos forêts. Victorius a pu sortir de prison. En échange d'une amende de 200 dollars. Une somme énorme pour lui, l'équivalent de plusieurs mois de récolte.
La bataille des ONG commence cependant à porter. La RSPO, une table ronde pour promouvoir une huile de palme durable, a été créée en 2004, rassemblant associations et industriels. Unilever, l'un des principaux utilisateurs, menacé de boycott par Greenpeace, s'est engagé à n'utiliser plus que de l'huile de palme durable d'ici à 2015. Il n'y a plus de destruction de la forêt primaire, chez nous en tout cas. On se ferait tomber dessus à bras raccourcis, jure Olivier Meurzec. Tout en reconnaissant que du côté des sociétés indonésiennes il ne sait pas trop ce qui se passe. Certes, le gouvernement central assure être vigilant sur la question. Mais sur le terrain ce sont les autorités locales, bien plus arrangeantes, qui font la loi. De fait, personne ne sait encore qui va vérifier qu'une plantation durable l'est effectivement... Il y a urgence. Le temps que vous lisiez cet article, une forêt grande comme 100 terrains de football sera coupée ou partie en fumée.
15 novembre 2007
Fête des SIMPLES (1)
Editorial du Réseau Semences Paysannes, par Jean-Luc Danneyrolles
http://www.semencespaysannes.org/bulletin_de_liaison_n_26_244.php
Le syndicat des S.I.M.P.L.E.S. organisait sa deuxième rencontre nationale sur la commune rurale de Rosans dans les Hautes Alpes, les 13 et 14 Octobre 2007.
Le syndicat des S.I.M.P.L.E.S. regroupe 80 cueilleurs de plantes officinales (2). Certains cultivent leurs plantes, la plupart sont cueillies dans la nature. Ces jardiniers nomades n’ont pas de statut professionnel et les législations sur les cueillettes et autres rendent leurs activités de plus en plus difficiles. Ce n’est pourtant pas affaire de demande qui semble fortement augmenter ces dernières années alors que pour certaines plantes (Arnica montana) les stations sauvages régressent pour des raisons de surcueillette, de changement climatique et surtout de pratique agricole destructrice. Pour exemple c’est l’Arnica d’Himalaya et de Turquie qui est acheté cette année par les laboratoires.
Cette rencontre annuelle, nationale et itinérante semble se renforcer avec une diversité de conférenciers et d’interventions de haut niveau, et l’avantage aussi de rendre heureux un maire de gauche d’une petite commune rurale où ont déambulé 4000 personnes. Une sorte de forum des associations sur la place du village et un grand nombre d’échoppes où on pouvait acheter huiles essentielles, onguents, plantes séchées… J’étais heureux moi-même d’en être avec mes graines, mes légumes et mes fleurs.
Les cueilleurs de S.I.M.P.L.E.S., membre du RSP, ont cette particularité de jardiner la nature sauvage. Ils sont un pont indispensable entre biodiversité cultivée et biodiversité sauvage. En témoignant de l’état des stations de plantes officinales, ils indiquent aux jardiniers du futur, la mise en culture de certaines.
Un partenariat Mairie, Conseil Général et S.I.M.P.L.E.S. parfaitement réussi, une ambiance heureuse, festive, post-70 assumée, sérieuse et riche d’échanges. Que le maire de Milly-la-forêt fasse le déplacement et s’entende avec les S.I.M.P.L.E.S. pour une rencontre nationale près de Paris est un signe que les temps changent.
Il semble bien que nous nous acheminions vers la production de plants et de graines d’officinales sauvages pour une mise en culture qui devrait compenser la baisse probable des stations sauvages. Et de rappeler aussi que la problématique est la même pour les salades sauvages qui depuis 20 ans sont à nouveau récoltées et disparaissent de leur stations naturelles.
Donc le temps des jardiniers est arrivé.
(1) S.I.M.P.L.E.S. Syndicat Inter Massifs Pour la Production et l’Economie des Simples (www.syndicat-simples.org). Désigne aussi la simple médecine par les plantes par opposition à la médecine composée (1560).
(2) se dit d’une plante qui soigne. Provient d’officine, sorte de pharmacie du Moyen-Âge (13ème siècle). Nombreuses plantes indiquent par leur nom latin leurs usages thérapeutiques (Melissa Officinalis, Salvia oficinalis…).
Remerciements à Sylvain Turina, stagiaire BPREA PPAM au CFPPA de Nyons
On achève bien la coeur de boeuf
On achève bien la cœur de bœuf. Une tomate en colère
J’ai recueilli les doléances d’une tomate d’abord oubliée puis retrouvée, appréciée, cultivée pour être enfin malmenée, maltraitée et comme pour parfaire l’humiliation mal nommée. Elle en a gros sur la patate la tomate cœur de bœuf. En tant que re cueilleur des informations, je tiens à préciser que je n’ai rien censuré de son témoignage bouleversant et accablant et que j’ai obtenu ses confidences qu’à la faveur d’une relation continue depuis 25 ans dans un grand potager du sud de la France. Je vous retranscris ce que j’ai compris en le replaçant dans le contexte de la très vieille histoire des jardiniers.
Faisons connaissance avec la tomate coeur de boeuf...
Son feuillage la rend insolite pour le néophyte qui la croit malade. Les feuilles fines et très découpées ont tendance à retomber à l’inverse des variétés à port foliaire rigide. On la reconnaît sans le fruit grace à cette petite surface foliaire, légère, aérienne. Même la tomate des Andes ou « andine cornue », très allongée, très connue et très goûteuse n’a pas un feuillage aussi découpé. C’est un caractère propre à toutes les cœur de bœuf. Car il en existe à ma connaissance au moins quatre : « Cœur de bœuf » rouge, orange, rose, téton de venus. La variété « banana leg’s » qui présente des caractéristiques générales (feuillage, port) identiques n’en est pas une car « banana leg’s » signifie « jambe de banane » : en gros, la forme et la taille d’un pouce en jaune. Je constate que toutes ces tomates au port particulier et commun font toutes un fruit pointu, très pointu à l’extrémité voire particulier comme l’évoque « téton de venus »…
Sa culture est délicate, elle se comporte comme une liane d’où jaillissent des fruits de taille et forme variable sur le même pied. Sa production est épisodique dans mon jardin, c’est par période qu’elle produit et peu. Elle semble gourmande en matière organique. Le fruit du bout du bouquet est souvent double voir triple voir quadruple et donne, si on le laisse en paix, un fruit difforme étonnant. En plus d’être très bonne, elle est très belle.
Dans la renaissance du riche patrimoine génétique des potagers, la tomate coeur de bœuf est comme une figure de proue du bateau « biodiversité cultivée » , plutôt galère en final... une mascotte pour des milliers de jardiniers et de consommateurs qui on su la retrouver, l’apprécier, la déguster. Cette tomate dont la chair est rare en graine et en cavité. Une tomate pleine, d’un rouge vif, foncé, elle coule peu quand on la coupe. Des tranches fines arrosées d’une simple huile d’olive sont le sommet de la gastronomie pour qui apprécie les plaisirs simples. Ce fruit qui ne veut pas rougir jusqu’au pédoncule d’attache et qui reste à la base d’un beau jaune orangé.
L’appellation cœur de bœuf provient à mon avis de deux analogies : la tranche rappelle la chair d’un cœur. La forme et la taille évoquent le bœuf. Evidemment on n'allait pas dire coeur de vache ou de mouton quoiqu’on nomme une délicieuse cerise « coeur de pigeon » ! L’échelle est respectée et l’hypothèse tient la route.
Si la cœur de boeuf est devenue la « reine » des tomates, c’est le peuple qui a tranché sans jeu de mots recherché ! Et depuis cent ans au moins on cultive la cœur de boeuf, juste trente ans d’oublis en France et une vigoureuse mémoire en Italie où jamais elle ne disparut des catalogues grainetiers et des jardins potagers, maraîchers.
Histoire d'une dérive
C’était sans compter sur une poignée de voyous, de pirates de la biodiversité cultivée, de commerçants et d’exploiteurs de gènes pour qui la cœur de bœuf deviendra la tomate qu’ils voudront, celle qu’un plan marketing va hisser au rang non pas du canada dry de la tomate mais plutôt d’une cigarette dans laquelle on aurait mis les pires produits. C’est peu dire que le travail des redécouvreurs, des ethnobotanistes, des historiens de l’agriculture et du jardinage, des milliers de jardiniers est saccagé d’un coup d’arnaque et de matraquage. C’est Saint Fiacre,le patron des jardiniers, qu’on massacre. Linné a dit « si tu ne nommes pas les choses c’est la connaissance des choses qui disparaît ». La cœur de bœuf connaît ce destin. Depuis quelques années, de nombreuses personnes confondent cette variété si particulière avec d’autres tomates rouges, roses souvent côtelées en profondeur si ce n’est n’importe quoi d’autres pourvu qu’on la nomme cœur de bœuf.
Qu'avons-nous donc fait de la tomate ? Depuis cette mauvaise tomate (issue des graines hybrides françaises dont le marché est juteux), issue de terre sans avenir d'El Ejido en Andalousie, alimentant en toute saison les tables européennes jusqu'au coulis de tomates ramassées par des clandestins polonais asservis par des capots italiens et payés 30 euros la tonne, c'est l’argent de la tomate qui coule à flot et fait qu’on parle maintenant de « coeur de boeuf en forme de poire » (Groupement de Recherche sur l'Agriculture Biologique en juin 2007 !). Pas étonnant que les gens, déçus d’en avoir goûté de mauvais fruits, hors saisons sans goût, acide et mal nommée, achètent moins le plant de cette tomate. Voilà on y est, après la déconstruction de nos schémas mentaux, c’est la confusion. Il y a de la tomate cœur de boeuf de partout, de toutes les formes, de toutes les couleurs et en toutes saisons.
Comment avons-nous pu laisser faire cela lorsque au même moment on intimidait dans la France entière des petits artisans semenciers pour qu’ils inscrivent et paye une taxe sur les variétés qu’ils avaient eux-mêmes redécouvertes ? Alors que ceux qui instruisaient le procès était ceux qui avaient contribué à éliminer ces mêmes variétés ! Je peux confirmer que c’est bien la France de Pétain qui est venu dans mon jardin à deux reprises pour tentative d’intimidation par deux représentants de la répression des fraudes (2003 puis 2004,en provenance de Toulouse avec procès verbal à la seconde visite).
Nos tomates ont été détournées de leur fonction de plaisir pur pour les sens. Même des maraîchers bios les font greffer sur aubergines sauvages sous serre pour « qu’elles crachent » et qu’elles n’attrapent pas de maladies trop vite... L’homme est un loup pour la tomate. Et la tomate c’est pêche de loup en latin (lycopersicon) et normalement comestible (esculentum). Même les italiens sont perdus. Ce n’est plus de la cœur de bœuf, c’est sidérant de voir comment disparaît rapidement la mémoire.
Un jour on jugera les voyous du marketing agroalimentaire pour vol de mémoire et commerce de produit empoisonné. Messieurs les experts es agronomie du GNIS (Groupement National Interprofessionnel de la Semence), du GEVES (Groupe d’Etude et de Valorisation des Espèces), de l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), de l'inoxydable Ministère de l'agriculture, pouvez-vous m'expliquer la logique de dégénérescence du marché et de la tomate ? Cette logique qui violente, empoisonne, et met en péril la terre, la santé et la vie de nos enfants. Une chose est sûre, chez ces gens là, le cœur n’y est pas.
Jean Luc Danneyrolles
Jardinier Créateur du potager d’un curieux (France Provence Vaucluse)
Auteur chez acte sud de « la tomate » traduit en Italie , « piment poivron », « ail et oignon » et « le jardin extraordinaire » ainsi que « créer son potager »
Membre du Réseau Semences Paysannes
PS: une tomate de variété ancienne cultivée au jardin commence à produire en général en fin de juillet jusqu’au gelée de fin octobre pour le sud et plus tôt pour le nord. On gagnera 15 jours à trois semaines de précocité avec des variétés modernes hybrides. Enfin l’usage de la serre, et le réchauffement climatique en cours permettent aux jardiniers pressés de manger des tomates plus tôt ces dernières années mais ils perdent en qualité.
06 novembre 2007

Si l’abeille disparaissait de la planète, l’homme n’aurait plus que 4 années à vivre
Info toujours tirée de l'excellent site http://www.infosdelaplanete.org
Cyrille Souche pour CDurable le 10-09-2007 (Publié sur internet le 20-09-2007)
On a toujours besoin d’un plus petit que soi. Sans interdiction massive des pesticides systémiques, la planète risque d’assister à un autre syndrome d’effondrement, craignent les scientifiques : celui de l’espèce humaine
Elles butinaient le nectar des fleurs pour nous offrir leur miel. C’est grâce à la pollinisation des fleurs par les abeilles que la Terre nous offre ses fruits. La disparition massive des abeilles inquiète sérieusement Cdurable.info.
Voici, réunies ci-après, les informations que nous avons pu trouver dans la presse et sur le web au sujet de ce syndrome d’effondrement sans précédent sur notre Planète :
Des millions de ruches, jadis occupées par des milliards d’abeilles, se sont mises à disparaître depuis quelques mois. L’épidémie, d’une rapidité et d’une ampleur inégalée, pourrait très bien sonner le glas de l’espèce humaine.
Le phénomène a débuté dans un seul élevage de Floride il y a à peine un an. Puis l’épidémie s’est répandue de ruche en ruche, jusqu’à s’étendre à l’ensemble des Etats américains et du Canada, avant d’atteindre l’Europe et même Taïwan en avril 2007.
L’aspect de cette catastrophe écologique est déroutant. Aucun cadavre d’abeille n’est retrouvé et les ruches abandonnées sont vides d’occupants. On n’y découvre même pas les parasites d’habitude si prompts à les réoccuper ensuite. Tout se passe comme si les insectes quittaient leur habitat en masse pour une destination inconnue sans jamais y revenir.
En France, où les apiculteurs se remettent à peine des ravages causés par le tristement célèbre "Gaucho", un pesticide jadis répandu dans les champs de maïs et de tournesol, les disparitions ont repris en force. Les pertes sont estimées de 15 à 95 % selon les régions, tandis qu’en Espagne, dont les 2,3 millions de ruches représentent le quart de la production européenne, la moitié est touchée.
La sirène d’alarme
Ce n’est pas une sonnette d’alarme mais une sirène que les scientifiques actionnent … ou tentent d’actionner. Car 80 % des plantes ont absolument besoin des abeilles pour être fécondées et, sans elles, il n’y a plus de production de fruits ou de légumes possible. 90 plantes destinées à l’alimentation humaine sont exclusivement pollinisées par les butineuses.
Rien qu’aux Etats-Unis, où l’apport des abeilles à l’agriculture atteint 14 milliards de dollars chaque année, le syndrome de l’effondrement des colonies a fait disparaître cette année entre 60 et 90 % des colonies selon les régions, soit environ 1,5 million de ruches sur les 2,4 millions dont bénéficiait ce pays.
Mais cet insecte domestiqué, qui a commencé à disséminer la vie sur Terre quelque 60 millions d’années avant l’apparition des humains, est aux prises avec un problème qui sévit simultanément sur plusieurs continents : le syndrome de l’effondrement des colonies, dont les véritables causes, encore méconnues, pourraient bien se situer du côté des nouvelles technologies utilisées en agriculture, voire dans nos milieux urbains et industriels.
En Europe, le problème est tout aussi aigu. Les apiculteurs allemands déplorent la perte de 80 % de leurs colonies tout comme ceux de Grande-Bretagne, de Suisse, d’Autriche, de Pologne et de Grèce, selon un relevé publié récemment dans la revue Les Échos de France. En Europe, on parle du phénomène Marie Céleste, du nom de ce navire fantôme retrouvé un jour sans équipage. Dans les milieux scientifiques, on a baptisé le phénomène syndrome d’effondrement, traduction de l’expression anglaise Colony Collapse Disorder (CCD).
Un phénomène mystifiant
Il est extraordinairement intéressant de voir comment un peu partout dans le monde les institutions publiques tentent d’expliquer ce phénomène par des causes qui ne remettent pas en question les technologies agricoles ou autres qu’ils valorisent ...
Lorsqu’une ruche est atteinte par le syndrome de l’effondrement, les abeilles la quittent pour ne plus y revenir, ce qui tranche avec leur attachement habituel pour leur port d’attache, où leur reine assure la relève. Non seulement la ruche est abandonnée rapidement, comme si un péril majeur la menaçait, mais on ne retrouve que peu de cadavres d’abeilles à proximité et, encore plus surprenant, aucun des insectes qui utilisent habituellement les ruches abandonnées n’ose profiter de l’aubaine.
Les chercheurs ont aussi constaté que les abeilles mortes à proximité de ces ruches abandonnées sont affectées par différents pathogènes comme des virus, champignons, bactéries et mites.
Aux États-Unis, le Colony Collapse Disorder Working Group formé en 2006 n’a pas réussi à relier le syndrome à la présence d’un ou de plusieurs pesticides utilisés dans le milieu agricole. Mais en Europe, on cherche de ce côté. La France a interdit en 2004 l’utilisation du pesticide Gaucho, une interdiction qui a aussi frappé l’année suivante le Régent, en raison de la fréquence de l’abandon des ruches dans les secteurs où ces produits chimiques étaient utilisés. Mais en mai 2006, l’Autorité européenne de sécurité des aliments soutenait dans un rapport que ces produits étaient sans risques pour les humains et les abeilles.
Pour l’instant, les recherches se multiplient dans toutes les directions, y compris vers les émissions électromagnétiques des émetteurs de téléphonie cellulaire. Certains chercheurs pensent que ces émissions pourraient affecter notamment le système gastrique des abeilles ou leur système immunitaire.
Mais l’hypothèse qui semble s’imposer de plus en plus demeure la plus difficile à vérifier. Dans l’entrevue qu’il accordait à la revue française Les Échos, le professeur émérite de l’Université Western Ontario Joe Cummings pense, comme d’autres chercheurs français, qu’on est probablement en face d’un cocktail de causes qui frapperaient en synergie le système immunitaire des abeilles. Une déficience immunitaire ouvre par définition la porte aux afflictions les plus diverses, ce qui pourrait expliquer que les recherches entreprises jusqu’à présent n’arrivent pas à déterminer une cause unique.
Cette explication mettrait ainsi en cause simultanément les champignons parasites, parfois utilisés dans la lutte biologique contre des ravageurs de cultures agricoles, les virus, bactéries, pesticides et même les ondes électromagnétiques.
De plus, les cultures OGM d’espèces végétales auxquelles on a parfois greffé des insecticides pourraient se retrouver dans le pollen. On sait que les cultures OGM peuvent contaminer des semences naturelles par pollinisation, ce qui pourrait affecter les abeilles à l’origine du transport de ces gènes. Mais voilà une piste que les organisations agricoles et les gouvernements n’aiment pas évoquer, et encore moins fouiller. Un fait intéressant a été noté au Québec à ce sujet : les ruches installées aux abords des cultures biologiques seraient moins affectées que les autres, soutiennent quelques producteurs. Pour obtenir leur certification biologique, les apiculteurs doivent installer leurs ruches à au moins trois kilomètres des cultures agricoles non certifiées parce qu’on y utilise soit des pesticides ou des plantes OGM, soit les deux. Il faudrait cependant une étude plus globale pour pouvoir établir dans ce cas un lien de cause à effet.
Un nouveau métier : locateur d’abeilles
La perte d’importantes populations d’abeilles domestiques et leur fragilité croissante force le milieu agricole à réagir à court terme. Le recours essentiel aux pollinisateurs a engendré un nouveau métier, celui de locateur d’abeilles. Ces apiculteurs nouveau genre vont se déplacer aux frais des agriculteurs ou cueilleurs de petits fruits, comme les bleuets. Ces nouveaux locateurs de pollinisateurs proposent aujourd’hui à leurs clients non plus seulement l’abeille domestique, Apis mellifera, présente sur Terre 60 millions d’années avant les premiers hominidés, mais aussi des abeilles moins productives en miel, comme la découpeuse de la luzerne, plus résistante au syndrome. Au Nouveau-Brunswick, des apiculteurs proposent même une nouvelle solution en réalité fort ancienne, le bourdon, lequel s’active à des températures aussi basses que 10°C alors que l’abeille domestique n’est vraiment productive qu’au-dessus de 18°C.
On a toujours besoin d’un plus petit que soi. Sans interdiction massive des pesticides systémiques, la planète risque d’assister à un autre syndrome d’effondrement, craignent les scientifiques : celui de l’espèce humaine. Il y a cinquante ans, Einstein avait déjà insisté sur la relation de dépendance qui lie les butineuses à l’homme : Si l’abeille disparaissait du globe, avait-il prédit, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre.
Prenons conscience de la perte de notre biodiversité
Info tirée de l'excellent site http://www.infosdelaplanete.org
Alerte pour la diversité animale et végétale
Eliane Patriarca pour Libération le 12-09-2007 (Publié sur internet le 13-09-2007 )
Selon un communiqué du 12 septembre du comité français de l’Union mondiale pour la nature (UICN) la France fait partie des 10 pays les plus concernés par l’érosion de la biodiversité.
La liste rouge des espèces menacées, publiée mercredi à Paris, dresse un tableau alarmant de la perte de diversité sur la planète.
Chaque année, elle s’allonge. La liste rouge de l’Union mondiale pour la nature (IUCN) qui, depuis 1963, dresse un tableau de l’état des plantes et des animaux de la planète, compte en 2007 près de 200 nouvelles espèces menacées d’extinction dans le monde. Sur les 41.415 espèces étudiées par l’UICN, 16.306 sont désormais menacées d’extinction, soit 188 de plus que les 16.118 recensées l’année dernière. Un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers des amphibiens et 70% des plantes sont en péril.
Algues et coraux
Pour la première fois, l’UICN a répertorié les coraux. Dix espèces de l’archipel des Galapagos figurent désormais sur la liste dont deux dans la catégorie en danger critique d’extinction et une en vulnérable. Ils souffrent surtout du phénomène El Niño, qui provoque une hausse de la température des océans, et des changements climatiques.
Les algues des Galapagos souffrent également: 74 algues ont été inscrites sur la liste dont 17 en danger critique ou peut être éteinte. Autre espèce peut-être éteinte, le dauphin du Yangtsé, ou baiji, dont on a beaucoup parlé cet été. Fin 2006, une expédition partie à la recherche de ce mammifère qu’on n’apercevait plus depuis longtemps, est revenue bredouille, concluant qu’il avait probablement disparu, victime de la pollution du fleuve chinois. Mais à la fin du mois dernier, des Chinois ont affirmé en avoir aperçu un. Une vérification est en cours.
Ebola et agrocarburants
La situation des grands singes s’est dégradée. La principale sous-espèce de gorilles (Gorilla gorilla gorilla) a souffert du commerce illégal de viande de brousse et du virus Ebola: sa population a chuté de plus de 60% en vingt-cinq ans. Un tiers des gorilles de plaine occidentaux vivant dans les aires protégées ont succombé au virus Ebola. Les gorilles sont donc désormais classés en danger critique d’extinction.
Pour l’orang-outan, le classement demeure le même : le grand singe roux de Sumatra est menacé d’extinction, celui de Bornéo est en danger Mais l’UICN souligne que leur déclin préfigure de ce qui risque de se passer avec le développement des agrocarburants. En effet, leur habitat s’est considérablement réduit en vingt ans, la surface des plantations de palmiers à huile étant elle passée de 2000 km2 à 27.000 km2 sur l’île.
L’Homme, principale menace
Au total, 785 espèces sont déjà éteintes et 65 survivent seulement en captivité ou à l’état domestique, fait observer l’UICN. Et encore avec environ 40000 espèce répertoriées, nous n’avons pu étudier que le sommet de l’iceberg, souligne Jean Christophe Vié, chef adjoint du programme UICN pour les espèces, car le nombre total d’espèces sur la planète reste incertain. 1,9 million ont été décrites, mais les estimations vont de 10 à 100 millions, avec une valeur plus probable d’environ 15 millions.
L’UICN, fondée en 1948, organisme hybride, rassemble 84 Etats, 108 organismes publics, plus de 800 organisations non gouvernementales et quelque 10 000 scientifiques et experts de 147 pays. Et sa liste rouge est largement reconnue aujourd’hui comme l’évaluation la plus fiable du statut des espèces de la planète.
Cet espéranto de la protection de la nature, est aussi un moyen d’alerter les décideurs sur les cas les plus urgents. Car souligne l’UICN, c’est bien l’homme, qui, directement ou indirectement, est le principal responsable de la perte de biodiversité par la destruction et la dégradation des écosystèmes, de l’habitat des espèces.
Impossible retour en arrière?
Il est inquiétant également de mesurer à quel point il est difficile de revenir en arrière lorsqu’une espèce entame son déclin. Les programmes de conservation peuvent donner de bons résultats mais malheureusement cette année, nous n’annonçons d’amélioration que pour une seule espèce. La perruche à collier de Maurice (Psittacula eques), qui, il y a quinze ans, était un des perroquets les plus rares au monde est passée désormais de la catégorie “en danger critique d’extinction” à la catégorie “en danger”, note l’UICN. Selon elle, c’est la preuve que les efforts déployés à ce jour sont insuffisants. Le rythme de l’érosion de la biodiversité s’accélère et nous devons agir sans plus attendre pour mettre un terme à cette crise mondiale de l’extinction.
Liste rouge en France
Avec 641 espèces mondialement menacées présentes sur son territoire, la France se situe parmi les dix pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces animales et végétales en danger. Un rang dû à l’extraordinaire biodiversité de ses collectivités d’outre-mer, Nouvelle-Calédonie et Polynésie française en tête. Le comité français de l’UICN et le Muséum national d’histoire naturelle ont lancé en juin l’élaboration d’une liste rouge nationale sur le modèle de la liste internationale. Les premiers chapitres de cet inventaire sont attendus pour la fin de l’année.























